• Coup d'oeil sur le shintoisme

    Le Shintô 神道

    Un petit article que j'avais commencé l'année dernière!!! Et pas complètement fini!

    Une brêve présentation faite avec les moyens du bord (comprendre les sources que j'ai pu trouver grâce à internet ) sur un sujet très complexe: la religion Shintô!

    Coup d'oeil sur le shintoisme

    Le shintô est une religion polythéiste indigène du Japon, basé sur un système de culte des ancêtres (les avis sont partagés à ce sujet) et de la nature. Elle peut être appelée une religion folklorique, très vivante dans les traditions populaires. Shintô 神道 peut être traduit par "la voie des dieux". Les forces de la nature sont déifiées et révérées sous le nom de Kami 神, une divinité dans un système polythéiste. Il y aurait 8 millions de kami, révérés dans 80 000 temples shintô à travers le Japon. Ces divinités sont la cause de tous les phénomènes naturels, "et de tout ce qui était désirable, et de tout ce qui était effroyable". On peut différencier les Kami en divinités anthropomorphes qui incarne des forces naturelles, divinités tutélaires d'un lieu, divinités fondatrices d'un art, divinités ancestrales........ Il y a aussi des divinités étrangères dont l'origine a été oubliée et qui ont été intégrées.

    Dans le shintô, la mort fait du défunt un kami, une puissance supérieure. L'esprit des morts s'attarde et veille sur le devenir de la famille, créant des liens d'interdépendance entre les morts et les vivants. Le bien-être des vivants dépend du culte rendu aux ancêtres. Si l'âme ne se fixe pas, ou si la personne meure en état de colère, cette âme peut revenir hanter le monde et créer des catastrophes. Les morts tragiques, violentes, par suicide ou exécution par exemple, qui risquaient de ressentir les vivants, étaient donc vénérées pour les apaiser. On construisait des autels ou des temples pour leur rendre un culte, pour éviter que leurs esprits ne reviennent hanter la communauté. Les empereurs ou personnalités de très hauts rangs étaient enterré dans des temples et révéré comme Kami. Des temples nationaux majeurs sont d'ailleurs associés à la famille impériale (le Meiji Jingû 明治神宮 par exemple). D'autres temples sont associés avec les origines du Japon, parfois les deux comme le temple d'Ise dédié à la déesse du soleil Amaterasu (Ise Jingû 伊勢神宮).  Par contre, diviniser les esprits des morts pour les honorer, comme les soldats morts à la guerre, est un concept assez récent datant du XIXème siècle et du shintô d'Etat.

     

    Mais une des caractéristiques du shintô est qu'elle n'a pas générée de système de prescriptions morales, ou très peu, contrairement aux religions dont nous sommes familiers. De même, l'iconographie shintô est très peu élaborée. Il s'agit souvent de simples objets, comme des pierres, branches, bout de papier, etc, qui représentent le corps du dieu ou shintai. Les livres de référence du Shintô sont le Kojiki 古事記, un recueil de légendes dont l'écriture commença en 681 ap. J.C et finit en 712 ap. J.C qui décrit la création du monde (comprendre le Japon) et le Nihon Shoki 日本書紀 écrit en 720. Ils mettent au point une mythologie nationale. Le Kojiki, «Annale des Affaires Anciennes» et le Nihon Shoki «Chroniques du Japon» , ou Nihongi, ont été rédigés sur commande impériale. Ils assemblent des traditions orales d'origine diverse et tentent de les harmoniser. Ces textes font des premiers japonais des descendants de divinités et de l'Empereur le descendant direct de la déesse du soleil Amaterasu. Ils avaient évidemment un but de légitimation et de consécration de la lignée impériale dans une période de transformation et de mise en place d'un appareil administratif complexe sous l'influence des modèles coréens et chinois.

    Le shintô devient, à la restauration Meiji (1868, ouverture du pays sur l'Occident après une réclusion de près de 300 ans et restauration de l'Empereur comme chef suprême de l'Etat. Le Japon entre dans une phase accélérée de modernisation sous l'impulsion du gouvernement), une religion sponsorisée par l'Etat, un outil du pouvoir en place dans l'acceptation du nouveau gouvernement impérial. Il permet de mettre en place une base religieuse et idéologique en faveur d'un appareil d'Etat modernisé. L'Empereur, en tant que descendant des divinités fondatrices du Japon, est placé au centre d'un système qui encourageait la loyauté envers ce qu'il représentait. L'obéissance passive à l'Empereur devient un devoir religieux. Une ordonnance de 1872 établit 3 commandements: Honorer les dieux et aimer sa patrie, Suivre sa conscience et observer la morale humaine, Vénérer l'Empereur et suivre ses commandements.

    Ce shintô d'Etat a été aboli en 1945.

     

     

    Evidemment, je ne suis ni spécialiste du sujet, ni historienne. Je vous conseille de vous tourner vers des ouvrages de référence si vous êtes intéressés.

     

    Références:

    • Shintoism and the Japanese Nation, Shinjiro Kitasawa, The Sewanee Review, vol 23, n°4, oct 1915, pages 479-483.
    • Personal Categories for Japanese Sacred Places and Gods: Views Elicited from a Conjugual Pair, John M. Roberts; Saburo Morita; L. Keith Brown, American Anthropologist, New Series, Vol. 88, No. 4. (Dec., 1986), pages 807-824.
    • The religious development of a modern japanese, Sakyo kanda, The Open Court, 1910.
    • Le Japon: histoire et religion, Isidore Eggermont, C. Delagrave (Paris), 1885.
    • Le Japon (cinquième édition), Lafcadio Hearn, Mercure de France (Paris), 1921.
    • Sasei Ichi: the identity of religion and government in the early Meiji years 1867-1872, Willian Nimmo Brown, Thesis of Master of Arts, University of British Columbia, 1978.
    • La réorganisation des sanctuaires au Japon de l’époque Meiji à l’époque Taishō – Ōsugi jinja : dernier sanctuaire de l’ancien village de Takahashi, Aurélien Allard, Cipango 17, 2010, pages 298-300.
    • Butel Jean-Michel. Divinité à la mode et Shinto folklorique (traduction). In: Ebisu, N. 23, 2000. pp. 21-44.
    • Caillet Laurence, Beillevaire Patrick. Dieux et lieux au Japon. In: L'Homme, 1991, tome 31 n°117. Etudes japonaises. Dieux, lieux, corps, choses, illusion. pp. 7-9.
    • Beillevaire Patrick. Du panthéisme japonais. In: Revue de l'histoire des religions, tome 205 n°4, 1988. Qu'est-ce qu'un dieu ?. pp. 399-413.

     

    « Goshûgi 御祝儀Ruines »
    Partager via Gmail Delicious Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :